La philosophie ou science théorétique s'occupe de la connaissance des causes. Elle a pour instrument de ses recherches la démonstration. La science démonstrative « part de définitions universelles pour arriver à des conclusions également universelles ». Le mode de démonstration des différentes sciences diffère selon la spécificité de leur objet.
La science théorétique est désintéressée : elle constitue la fin en soi de l'âme humaine et l'achèvement de la pensée. En ce sens, l'homme réalisé est celui qui, profitant du temps libre (skholè) par sa position sociale qui le dégage des préoccupations matérielles (le travail est dévolu aux esclaves), peut se consacrer à la contemplation désintéressée du vrai. Il y a autant de divisions de la philosophie ou science théorétique qu'il y a d'objets d'étude, c'est-à-dire de régions différentes de la réalité (genres, espèces, etc.). Il y a même une science générale (la philosophie première) qui ne prend pas pour objet de son étude une partie de ce qui est, mais ce qui est dans sa totalité. Entre autres sciences particulières, on trouvera donc par exemple :
- la physique : qui porte sur les substances qui ont en elles-mêmes le principe de leur mouvement et sont composées de matière, de forme et du composé des deux. La physique traite de l'acte de composition finalisé de la matière et de la forme, par application des premiers principes. On peut parler d'entropie négative de la physis (principe de dégradation qui croît. Cette science s'occupe 1) des choses sensibles du monde sub-lunaire, soumises à la génération et la corruption et 2) des choses incorruptibles, supra-lunaires (astres) ;
- les mathématiques : qui portent sur les nombres, c'est-à-dire les quantités en général, tirées de la réalité par abstraction
Mais aussi la science de l'âme (c'est-à-dire du vivant et des animaux), de la cité (la science politique), du divin (premier moteur immobile), etc.


